Jeudi , 24 janvier 2019

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COMMENT ARÔNDÔ DEVINT L’ÉPOUSE BIEN AIMÉE D’OGOULA

Il existait dans le royaume de Remburw’Akinda, au Pays des Aganos, un de ses fils du nom d’Ogoula. Il vivait dans l’opulence. Malheureusement ce garçon avait la détestable habitude de brutaliser ses compagnes ; il divorçait souvent.

Ogoula épousa à nouveau une fille d’une rare beauté répondant au nom d’Arôndô. Mais la discorde ne tarda pas à envenimer leurs relations et les scènes de violence de commencer dans le ménage.

Arôndô s’en plaignait à tout venant au village. Elle ajoutait néanmoins que son mari Ogoula était beau, plein d’esprit et de talent, bien fortuné, avec une maison qui ne manquait pas de confort. Mais malgré tous ces avantages là, elle lui reprochait son irascibilité qui le poussait à la violenter à propos de peccadilles.

Or, il vivait dans le village une femme du nom de NGWELEGE, grand-mère d’Ogoula, que l’on traitait sous cape de sorcière. C’était au fond une personne d’une grande expérience. Elle avait sa case à proximité de la source du village et on la consultait souvent dans les cas d’embarras.

Un certain jour, alors que les serviteurs se tenaient prêts à ses ordres pour le service du ménage, Arôndô décida d’aller puiser elle même son eau de source. C’était dans son for intérieur, un moyen d’aborder la vieille Ngwèlègè pour obtenir d’elle une consultation.

Quand elle fût chez Ngwèlègè, Arôndô lui dit :

Grand-mère, j’aime bien mon mari Ogoula, mais il est bien méchant et il me bat à tout bout de champ. Vois les cicatrices que je porte sur le dos. Ma patience est à bout. Donne-moi un talisman pour me préserver de ses brutalités !… 

-       Le fétiche est tout trouvé, lui répondit la vieille. Mais auparavant, procure-moi une bouteille blanche. Satisfaction lui ayant été donnée incontinent, la sorcière emplit la bouteille d’eau ordinaire prise à la source publique.

-       Comment c’est là le fétiche que tu me destines, interrogea Arôndô concernée ?

-       Prends la bouteille, lui conseille tout bonnement la vieille Ngwèlègè. Chaque fois que tu verras ton mari sur le point de se mettre en colère à ton endroit, absorbe vite de cette eau et garde-là dans ta bouche pendant tout le temps qu’il s’emportera. Tu verras qu’en fin de compte il ne te battra pas.

Arôndô emporta la bouteille qu’elle cacha dans un coin secret de sa chambre.

Ogoula qui trouvait prétexte à querelle à propos de tout, s’en prit une fois de plus à Arôndô au cours d’un après-midi. Il lui reprochait ce jour-là le désordre qui régnait chez eux à cause de son incurie ; les objets mobiliers laissés à l’abandon, les serviteurs à leurs fantaisies et d’autres griefs…

Aux premières paroles Arôndô sauta sur sa bouteille d’eau et s’en mit plein la bouche. De sorte qu’Ogoula eut beau parler, elle ne répondit mot. Si bien que le mari se calma de lui-même et la femme s’en tira indemne cette fois-là. À quelques temps de là, d’autres scènes éclatèrent provoquées par Ogoula. Elles échouèrent. Arôndô ayant pris soin d’emplir sa bouche de l’eau « fétiche ». Ce que voyant, elle s’en fit rendre compte à la brave vieille Ngwèlègè à qui elle demanda une seconde bouteille d’eau, la première étant épuisée. La vieille femme sourit, elle lui conseilla d’aller elle-même puiser l’eau à la source et de l’emporter.

-       Tiens, est-ce bien là le breuvage que tu m’as donné lors de ma première visite ou bien veux-tu plaisanter, demanda Arôndô surprise !

-       Tu le vois bien ; le fétiche n’est pas plus compliqué, lui rétorqua la bonne Ngwèlègè. Vos scènes de ménage étaient dues à ce que tu ne savais pas t’incliner devant un reproche de ton mari. Quand tu apprendras à garder le silence devant ses observations, tu connaîtras la paix du foyer car ton époux ne sera plus exaspéré par tes répliques.

Arôndô rentra chez elle bien pénétrée des conseils qu’on venait de lui donner et elle n’eut plus dès lors à souffrir dans son foyer. Au contraire, elle y régna en maîtresse chérie et dans une quiétude absolue.

 

« Le bonheur, tient parfois à peu de chose.»

 

Extrait – Paul-Vincent POUNAH – La recherche du Gabon traditionnel : hier Edongo, aujourd’hui Galwa.

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