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Pierre-Claver Akéndéngué : « Pierre Ré Gnambiè »

octobre 12, 2013 3:26 by: catégorie:Zoom Laisser un commentaire A+ / A-

Né le 25 avril 1943 à Aouta au Gabon, Pierre Akendengue quitte son pays à 22 ans pour terminer ses études en France et pour soigner des yeux fragiles. Installé tout d'abord à Orléans, il passe son baccalauréat, puis s'oriente vers la psychologie. C'est dans ce domaine, qu'il obtient un doctorat en 1976, parallèlement à ses activités artistiques.

pierre-akendengue-1Né le 25 avril 1943 à Aouta au Gabon, Pierre Akendengue quitte son pays à 22 ans pour terminer ses études en France et pour soigner des yeux fragiles. Installé tout d’abord à Orléans, il passe son baccalauréat, puis s’oriente vers la psychologie. C’est dans ce domaine, qu’il obtient un doctorat en 1976, parallèlement à ses activités artistiques.

En 1967, à 24 ans, il s’inscrit au Petit Conservatoire de la chanteuse Mireille, où il termine troisième au concours « La fine fleur de la chanson ». C’est aussi à Paris qu’il rencontre le producteur et musicien, Pierre Barouh grâce à qui, il boucle son premier album en 1974, « Nandipo », un disque centré autour de son enfance.

Dès son arrivée en France, Akendengue prend l’habitude de retourner régulièrement dans son pays, mais pour cause de problèmes financiers, il cesse ces allers et retours à partir de 1972. Dès ce moment-là, ses disques sont interdits d’antenne au Gabon.

En 1976, son second album « Africa Obota » (l’Afrique ma mère), remporte le « Prix de la jeune chanson française » au Midem de Cannes. Quelques chansons sont en français, les autres en myéné, la langue de son enfance.

Chanteur engagé

aken

Militant et poète, Pierre Akendengué est alors catalogué « chanteur engagé », image dont il cherchera longtemps à se dégager.

Deux autres albums viennent clore cette période « politique » traversée par différentes thématiques telles que l’appel à l’unité africaine ou les maux et les espoirs du continent africain.

A partir de 1978, Pierre Akendengué accorde de plus en plus de place à l’instrumental, et crée son propre label Ntche (le pays) pour promouvoir les jeunes artistes africains. Sous ce label, il édite trois disques, mais en 1982, faute de moyens financiers, il arrête l’expérience.

En septembre de la même année, le chanteur gabonais signe chez CBS. Et c’est en avril 83, la sortie de l’album « Mando » produit par Hugues de Courson. Sur ce disque, auquel participe une trentaine de musiciens, on ne trouve que des chansons en myené. Le résultat est somptueux. La politique est toujours présente mais poétisée, symbolisée comme dans la tradition orale. Un an plus tard, Pierre Akendengué entame une série de concerts aux Pays-Bas, en Belgique et aux Antilles.

En 1985, lassé par une carrière en dents de scie, éprouvé par de sévères ennuis de santé, il décide de rentrer dans son pays. Installé à Libreville, il réalise « Passé composé », une compilation reprenant ses œuvres musicales et ses chansons sur l’Afrique en mutation. En 1989, il sort l’album « Espoir à Soweto », dans lequel il exprime sa volonté de voir la fin de l’apartheid.

Désireux de participer à la vie culturelle de son pays, il accepte d’être nommé conseiller auprès du ministre gabonais de la culture, puis conseiller du président Omar Bongo.

Lambarena

Après « Silence » sorti en 1991, Pierre Akendengue est à l’initiative avec Hugues de Courson du magistral album « Lambarena », auquel il participe largement. Pour cette rencontre inédite entre les cantates de Jean-Sébastien Bach et les chants de la forêt équatoriale, il s’entoure de 250 de ses concitoyens pour les chants et d’une cinquantaine de musiciens classiques français. pierre_akendengueCe projet ambitieux, où l’émotion déborde, permet de démontrer que le sens du Sacré s’exprime d’un continent et d’une époque à l’autre, et que les rencontres peuvent s’opérer entre cultures différentes.

A mi-chemin entre jeunesse et sagesse, le musicien poursuit son analyse sociale à travers « Maladité », dernier opus de l’artiste, sorti en 96. Il reste toujours à l’écoute des souffrances de son continent comme le souligne le titre qui contracte les mots « maladie » et « alité ».

Passionné par les rencontres, Akendengué effectue pendant un mois une tournée africaine avec le sénégalais Ismaël Lô. Leur association avait débuté dès décembre 95 lors du festival Africolor, qui se déroule chaque année à Saint- Denis en région parisienne.

Le 8 février 1997, Pierre Akendengue reçoit le Prix d’excellence lors des Africa Music Awards remis à Libreville. Au même moment, il sort en Afrique, un nouvel album, « Carrefour Rio ».

2001 : « Obakadences »

Pierre Akendengué est de retour sur la scène musicale fin 2001 avec l’album « Obakadences ». Très épris de son continent, il en chante à nouveau les ambiguïtés et les espoirs. Dans cet album, on retrouve le Akendengué conteur (« Confidentiel ô Très Haut »), génie de l’harmonie (« Benibeni ») ou amoureux des rythmes (« Afrika Idod’ Iningo »). Plus souvent chez lui qu’en Europe, il entame une tournée des Centres culturels français fin mars 2002 à travers sept pays d’Afrique dont le sien.

Si Pierre Akendengué poursuit ses activités de conseiller aux affaires culturelles auprès du gouvernement, il ne délaisse pas pour autant sa carrière artistique. Les conditions d’enregistrement étant relativement difficile au Gabon, il faut attendre quelques temps avant que ne sorte un nouvel album. « Ekunda-Sah ! » est mis sur le marché (français) en mars 2005. Toujours militant, Akendengué développe des thèmes humanistes comme dans le titre « La pauvreté » ou « la Colombe ». Le premier simple issu de l’album s’intitule « Embarras ».

Le 4 avril, le chanteur se produit à Paris au Bataclan.

2006 : « Gorée »

akendengue3Rapidement, le musicien se met à travailler sur un nouvel album dont le thème principal est la traite des esclaves, dont un des symboles fort est l’île de Gorée, au large du Sénégal. « Gorée » est d’ailleurs le titre de l’album qui sort en avril 2006.

En 97, Akendengué avait fait le voyage sur cette île, moment intense d’émotion. Cette forte impression s’est traduite par l’écriture d’une chanson « La chanson de Gorée », autour de laquelle est conçu cet album. La démarche d’Akendengué est évidemment associée à ce qu’il considère comme un devoir de mémoire tout en défendant l’idée qu’il faut continuer à débattre de cette question. Sur cet album en forme de coup de gueule, il y a aussi « De la forêt », une chanson qui décrit l’exil forcé des Pygmées au Gabon. Dans son œuvre, l’artiste s’attache à dénoncer les injustices et les souffrances humaines de son continent.

Deux ans plus tard, le 17 novembre 2008, Pierre Akendengué sort « Vérité d’Afrique ». C’est le dix-neuvième album de l’artiste gabonais. Le disque est enregistré en partie à Libreville, dans un studio niché dans un bidonville et en partie à Paris, au studio du label Lusafrica. Parmi les nouvelles chansons, Pierre Akendengué en a glissé une ancienne et bien connue : « Considérable », écrite en 1972 mais dont les paroles (qui scandent l’unité de l’Afrique et les défis que le continent doit relever) sont selon lui, toujours d’actualité.

Toujours traditionnel, le style musical d’Akendengué prend sur cette nouvelle production des couleurs venues du Cap-Vert grâce à une réalisation signée Nado Andrade, le pianiste et directeur musical de Cesaria Evora. Les sonorités îliennes ainsi amenées apportent une nostalgie et une profondeur poignante à de nombreux titres. Akendengué a gardé la main sur d’autres, comme sur la chanson reggae « Tanguna Gakumuna », où il s’amuse à faire chanter ses choristes en myéné, la langue bantoue des certains peuples du Gabon.

 

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… Voici l’atmosphère dans laquelle j’ai grandi, sur la petite île d’Aouta, au sud-est de la lagune de Fernand Vaz, que les Nkomi appellent Etimboué N’kombé – c’est devenu le nom du département.

Kombé, en langue myènè, c’est l’astre solaire. Tout se passe donc comme si, pour les Nkomi, les Etimboué que nous sommes, nous descendions de l’astre solaire, qui est lui-même un des premiers fils de l’Être suprême – Aniambié, que les missionnaires ont assimilé à Dieu.

Chez nous, tout était donc chanson : berceuses, préceptes éducatifs, louanges aux divinités, initiations, soirées profanes de réjouissances des jeunes gens, tout cela était vécu en musique…

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